Japon, le retour du roi

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On le disait fatigué et incapable de suivre les nouvelles technologies. Pourtant en 2017, le jeu vidéo japonais ne fait plus acte de présence, il rayonne !

La génération Xbox 360 / PS3 aura été sombre pour les studios japonais distancés par leurs voisins occidentaux, bien plus créatifs. Ou cette capacité à rendre attractif par divers effets technologiques et une accessibilité large, un jeu d'une banalité évidente.

Pendant de longues années, le joueur ne citait plus Final Fantasy, Pro Evolution Soccer ou Gran Turismo, mais The Witcher, FIFA et Forza Motorsport. Il n'attendait pas le prochain Castlevania, Resident Evil ou une suite à Vagrant Story, mais l'énième Assassin's Creed, le Call of Duty annuel, et une suite à Bioshock.

Le Japon brillait encore mais sur 3DS et PS Vita et à de plus rares occasions sur consoles de salon, même si cela demandait un effort du joueur. Qu'il s'agisse de fermer les yeux sur la technique pour apprécier le génie de sa construction (NieR). Ou oublier certaines libertés pour profiter d'un scénario fabuleux, mais trop difficilement accessible (Final Fantasy XIII).

Tous ces studios qui nous faisaient rêver depuis la première génération de consoles, n'étaient plus que de lointains souvenirs.

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Fin 2016, le réveil des sens

Le Japon a continué sa descente aux enfers au début de la génération PS4 / Xbox One.

Seule la Wii U, console 100% japonaise, arrivait encore à nous proposer quelques OVNI (The Wonderful 101, Tokyo Mirage Sessions), des leçons de level design (Xenoblade Chronicles X) ou tout simplement du génie (Bayonetta 2). Nintendo peut remercier le studio PlatinumGames qui a largement contribué à l'intérêt de cette bécane.

Il faudra attendre le mois d'octobre 2016 et plus précisément les 14 et 28, pour sentir un vent de fraîcheur en direction des studios Square Enix. Le 14, avec la sortie de Dragon Quest Builders, qui tente la formule Minecraft mais en y ajoutant tout son savoir-faire JRPG pour créer quelque chose d'unique. Et le 28, surtout, avec la sortie de World of Final Fantasy, le seul JRPG de salon qui redonne vie aux glorieuses années 90. Avec ses boss mémorables, son aventure soutenue par une surdose d'épique, et son combat tactique comme on l'aime.

Square Enix a récidivé un mois plus tard, le 29 novembre, avec la sortie mondiale de Final Fantasy XV. Le jeu a certes d'innombrables défauts, mais prouve que le Japon sait maîtriser les dernières technologies.

Et c'est Sony qui enfoncera le clou, le 7 décembre, avec probablement son jeu d'auteur le plus fou : The Last Guardian. Et ce, même si le joueur doit se purger de ses mauvais réflexes de la génération occidentale pour apprécier l'offre. Ici, personne ne vous tient par la main et vous guide jusqu'à la sortie, seules la matière grise et la logique comptent.

2017, le Japon libéré

Cette année, les studios japonais ne lâchent rien et distribuent les leçons depuis trois mois.

Gravity Rush 2 fascine par son esthétique, tandis que Yakuza 0 explique aux studios occidentaux comment remplir un espace ouvert et créer du vrai contenu annexe. La série des Tales of retrouve la bonne direction du JRPG old-school avec l'épisode Berseria. Tandis que Ni-Oh poursuit l'héritage Dark Souls, mais en y injectant une nouvelle dynamique propre au studio Team Ninja.

Square Enix démontre une nouvelle fois son talent d'écriture en lâchant le fauve NieR Automata dans l'arène. Tandis que Nintendo sort Breath of the Wild pour rappeler à la concurrence qu'en matière de jeux d'aventure, c'est lui le patron.

En seulement trois mois, le Japon a déversé sa culture sur un catalogue occidental qui stagne et mise beaucoup trop sur l’esbroufe graphique pour convaincre le joueur.

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Il était une bonne fois à l'Est

Aujourd'hui, le joueur n'attend pas le prochain Call of Duty mais Persona 5 le 4 avril, Tekken 7 le 2 juin, la nouvelle extension de Final Fantasy XIV le 20 juin, Ni no Kuni 2 dans le courant de l'année, et la date de sortie de Dragon Quest XI chez nous !

Il ne dit pas sur les réseaux « vivement qu'Ubi nous montre Assassin's Creed en Egypte », mais « j'ai craqué pour la Switch, je veux jouer à Zelda, Mario, et Xenoblade Chronicles 2 ». Et commence même à croire que Sony a ce qu'il faut dans le moteur pour revenir en force avec Gran Turismo Sport (ou GT Sport pour les intimes).

Alors, bien entendu, il ne s'agit pas de dire que l'Occident a abattu toutes ses cartes. Cette année encore, des jeux tels que Prey ou Red Dead Redemption 2 sont de sérieux concurrents.

Mais en 2017, plus que jamais, le Japon est rentré dans la compétition, et les studios concurrents ont intérêt à sortir l'artillerie lourde pour ne pas être complètement... à l'ouest, justement.