La bibliothérapie, mieux que les antidépresseurs ?

La France est un des premiers consommateurs d’anti-dépresseurs au monde. Et si, au lieu de se tourner vers votre pharmacien pour guérir votre angoisse ou votre déprime, vous alliez chercher vos médicaments dans une librairie ou une bibliothèque ? Retrouver votre bien-être par les livres, c’est le principe de la bibliothérapie, qui se démocratise petit à petit en France.

La bibliothérapie, mieux que les antidépresseurs ? © istock


La vie d’étudiant ou de jeune actif comporte son lot d’angoisses, à tel point que vous pouvez vouloir les calmer à coup d’ordonnances chez le médecin et de médicaments. Il existe une solution plus apaisante, plus originale et… probablement moins chère. A l’heure actuelle, de plus en plus de médecins délivrent des ordonnances de livres plutôt que d’anti-dépresseurs (ce qui paraît d’autant plus sain). La pratique devient courante aux Etats-Unis, et franchit les frontières de l’Europe, notamment en Angleterre avec des initiatives comme The Reading Agency. Et les livres qui sont prescrits aux patients ne parlent pas tous de développement personnel. Non : des romans sont aussi recommandés, tout comme du théâtre, des biographies ou des recueils de poésie !


Comment des livres peuvent-ils diminuer l’angoisse ?

Vaste question, sur laquelle plusieurs études se sont penchées. Notamment celle conduite par Maja Djikic (de l’université de Toronto) et citée dans un article de Slate. Selon son analyse, la lecture de romans développerait la créativité, et vous permettrait d’avoir des réflexions plus complexes et élaborées. Notamment quand un livre adopte le point de vue d’une personne avec qui vous n’êtes pas d’accord : en tant que lecteur, vous êtes obligé de vous mettre à sa place ! Ceci vous permet donc de développer de nouveaux raisonnements, d’avoir un spectre plus large d’émotions et de réactions.

Les « ordonnances de livres » comportent aussi des titres destinés à apaiser les patients qui vivent une situation particulière, afin de les aider à la surmonter. Par exemple, on peut tout à fait donner à lire le dernier tome des aventures de Harry Potter à un Terminale (et lui préconiser toute la série). Les héros y passent leurs examens chaque année, et doivent se battre contre des forces obscures. Une telle lecture peut encourager un élève et lui donner la force d’aller de l’avant. A l’inverse, donner à lire le satirique Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe à une étudiante qui connaît des difficultés à l’université n’est peut-être pas une bonne idée ! Les livres conseillés doivent donner des émotions positives. Attention, ça ne signifie pas qu’ils doivent verser dans la guimauve : même les tragédies de Shakespeare peuvent en motiver plus d’un, entre autres grâce à leurs monologues épiques.
 

Des livres pour tous, à tous les niveaux

Tout le monde peut avaler un antidépresseur, mais tout le monde ne peut pas forcément lire de la littérature, vous direz-vous peut-être. Contrairement à un cliché véhiculé, la bibliothérapie n’est pas destinée à une élite, mais à tous. Il existe autant de livres que de niveaux de lecture et de personnalités. Dans cette optique, le site de The Reading Agency propose des listes de livres par tranche d’âge et par niveau de difficulté : des livres très courts aux formats pour lecteurs aguerris, de ceux destinés aux enfants à ceux qui s’adressent aux adultes, en passant par les adolescents, tout y est !
 

La bibliothérapie, en fait, c’est une approche pédagogique et plus adaptée à chaque individu qu’une ordonnance de médicaments. Elle peut paraître idéaliste, mais pourrait aussi contribuer à faire perdre quelques places à la France dans le palmarès des pays qui consomment le plus d’antidépresseurs. Alors, si vous y avez recours, quelle sera votre ordonnance de livres ?



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