Tirage au sort à l’université : le feuilleton à rebondissements

En avril dernier, le gouvernement a publié une circulaire dans le journal officiel qui entérinait le tirage au sort pour entrer à l’université. Les réactions de tous bords n’ont pas manqué de se faire entendre. Depuis mai et l’instauration d’un nouveau gouvernement, c’est un autre son de cloche qui retentit : le tirage au sort pourrait être annulé. On revient sur ces annonces.

Tirage au sort à l’université : le feuilleton à rebondissements © istock


Depuis quelques années, les universités font face à un surnombre d’étudiants qui souhaitent intégrer leurs filières. En effet, la quantité de demandes d’inscription dépasse la capacité d’accueil des établissements. Et quand la plateforme APB ne suffit pas à répartir les étudiants dans différentes facs, un tirage au sort a lieu. Il concerne les filières dites « en tension », c'est-à-dire la première année de médecine, la psychologie, le droit ou encore Staps. Et cette « sélection » s’applique même aux étudiants qui ont placé ces filières en premier choix de leurs vœux. Même s’il ne concerne que 1% des bacheliers, le tirage au sort reste une pratique arbitraire jugée contestable. Elle entraîne d’ailleurs régulièrement des procédures juridiques…
 

En avril 2017, le tirage au sort a été officiellement autorisé…

Même s’il est de notoriété publique, le tirage au sort a toujours été fait officieusement. Et pour cause : une telle manœuvre est illégale, puisque la sélection à l’entrée de l’université concernant les filières « non-sélectives » est interdite par le code de l’éducation. En avril, l’ancien gouvernement a publié une circulaire dans le journal officiel pour entériner le tirage au sort, et ce en dépit des nombreuses protestations émanant des universités et des organisations étudiantes.
 

Ce projet d’entérinement avait déjà été tenté en janvier, sans succès. Des voix se sont en effet élevées de toutes part pour s’y opposer. En avril, les mêmes réactions se sont fait entendre, unanimes. Pour faire barrage à un tirage au sort, certains pensaient déjà à mettre en place des alternatives, afin de lutter contre un surnombre de demandes d’inscriptions pour certaines filières. Afin de les éviter, l’une des solutions évoquées est de mieux orienter les lycéens. En effet, les amphithéâtres se vident très vite lors d’une première année à la fac, et beaucoup d’étudiants découvrent que leur choix de filière ne leur correspond pas. Tout le monde s’apprêtait donc à remonter au créneau, jusqu’à ce qu’un nouveau rebondissement survienne.
 

…mais a à nouveau été interdit en mai de la même année

Les dernières présidentielles ont entraîné la mise en place d’un nouveau gouvernement, et donc d’un nouveau ministère de l’Education nationale. Ainsi, le 29 mai, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, a déclaré vouloir mettre fin, d’ici 2018, au tirage au sort qui a lieu à l’entrée de l’université. Et si la nouvelle est plutôt bien accueillie, certaines organisations craignent déjà la mise en place officielle d’une sélection à l’entrée de l’université. Dans son discours prononcé à l’université de Bordeaux, où elle a fait son annonce, Frédérique Vidal a cependant annoncé être discussion avec des organisations étudiantes et des présidents d’universités afin de trouver un terrain d’entente. Affaire à suivre…
 

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