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Olivier Miller ne fait pas dans le virtuel

Olivier Miller est le prototype du mec cool.

oliviamiller436 NRJ
Sur la pochette de son album "Génération virtuelle", son regard absent surplombe sa barbe de trois jours qui elle-même prolonge ses cheveux épais, un peu décoiffés mais pas trop.

Immobile sur le tapis roulant du métro Montparnasse (pas le rapide, le lent), il porte un pantalon beige multipoches mal repassé dont la taille est partiellement cachée par le coton de son T-shirt, offrant ainsi une dissymétrie qu'on pourrait croire involontaire.
"Oups, s'est-il dit en voyant la photo, mon T-shirt est mal mis, bon allez ça n'est pas grave..."

Ce fameux T-shirt bleu ciel portant l'inscription "1977 Hip-Hop was born" (sans doute son préféré, offert par un bon copain) exprime donc son attachement à la culture urbaine ainsi que son aptitude à prendre le métro tout seul.

Mais pourquoi s'épancher ainsi sur une couverture de CD ? D'abord, pour permettre à ceux qui ont téléchargé l'album de se faire une idée du visuel. Ensuite, parce que d'une certaine manière, on peut dire que sa musique lui ressemble.

C'est-à-dire qu'elle est sympathique au premier abord, entraînante, rythmée et qu'on passerait bien quelques instants avec. Des guitares acoustiques efficaces sonnent un peu funky, les arrangements sont accrocheurs et une jolie voix à la Tété donne du relief à un ensemble pop acoustique.

Olivier Miller se fait tour à tour porte-parole d'une génération désenchantée (dans "Génération virtuelle" ou "Le monde est une arnaque" ), gentleman à la recherche de l'amour ("Opérationnel"), hédoniste convaincu (Sur un fil), voire obsédé sexuel ("L'Envie de plaire").

Tout cela, il faut le dire, avec une certaine réussite. Et si l'on exclut "L'Adoption" et "Il s'abandonne", qui malgré leur sincérité apparente souffrent d'une violente absence de subtilité, l'ensemble donne des chansons vraiment agréables et un bon moment à passer.