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Lenny Kravitz, révolutionnaire lover

© Chérie FM

Ambiance : Il est 18 h 45 et une foule impatiente trépigne devant les grilles du studio d'Aubervilliers, qui ne s'ouvriront pas avant 19 h.

L'humeur des personnes agglutinées oscille entre esprit bon enfant, plaisanteries, et franche impatience. Certains font la queue depuis 16 h.

Dans cette horde fleurissent les Tee-Shirts "Love Revolution", à l'effigie de l'objet de tous ces désirs : Lenny Kravitz en personne.


Objet de tous les désirs...


Sur le parcours de sa tournée LLR Tour, le chanteur, que l'on a souvent comparé à Jimmy Hendrix, comparaison qui sonne à la fois comme un compliment et un reproche (puisqu'on l'a souvent taxé d'imitateur), a offert un cadeau d'un genre un peu particulier à ses fans : une heure de concert privé. Bien évidemment, pour voir Lenny, toute la presse musicale s'est précipitée à Aubervilliers.

Dans la salle, peu avant que le sexy Lenny ne commence sa prestation, on aperçoit Philippe Manoeuvre, aussitôt abordé par une groupie qui insiste pour le prendre en photo. Il sera néanmoins bientôt éclipsé par l'extinction des lumières sur la scène, qui laisse présager l'arrivée de l'idole.

Mais pour l'instant, il est enfin 19 h, et par petits groupes, les badauds franchissent les grilles pour s'aventurer dans le studio d'Aubervilliers. L'excitation est palpable, pourtant, il ne se passe pas encore grand-chose. Les roadies accordent les guitares électriques, préparent la scène. Des gens se sont immédiatement précipités sur les barrières devant la scène, afin d'être aux premières loges. D'autres, plus détendus, rigolards même, sont nonchalamment assis dans des coins, contre les murs.

19 h 30, Lenny tarde. 19 h 45, toujours rien. A présent, tout le monde est debout, guettant fébrilement le moindre signe de l'arrivée de la star.

Il est un peu plus de 20 h lorsque les lumières s'éteignent enfin, pour ne plus laisser voir que l'irruption de silhouettes indistinctes sur la scène, qui, alors que retentissent des accords de guitare frénétiques, dans la lumière bleutée qui se rallume peu à peu, s'avèrent être les musiciens de Lenny Kravitz.

Le principal intéressé, lui, se fait désirer. Mais soudain, il fait son entrée, s'avançant vers son micro d'une démarche désinvolte, qui déchaîne les cris des spectateurs.

Ceux-ci, outre les journalistes et photographes dont les flashs crépitent en continu, sont des fans de la première heure, qui ont gagné leurs places grâce à un concours par mailing.

C'est dire si l'assistance succombe, tandis que Lenny saisit une guitare électrique afin d'envoyer sans attendre un son rock trépidant. Car c'est un guitariste hors-pair qui manie les accords avec talent, faisant effectivement sonner son instrument comme en 1970. D'autant que Lenny Kravitz, artiste chevronné, n'a pas peur de se lancer avec ses musiciens, dans de longs ponts admirablement maîtrisés, et ce dès le premier morceau. (Concert court oblige ?)


Lenny Kravitz; leader de la "Love Revolution"


En quelque sorte, Lenny annonce son programme dès la deuxième chanson, Let Love Rule, celle qui donne son nom à la tournée. Hippie dans l'âme, Lenny ? Probablement, tant ses chansons le proclament. Mais séducteur averti, ça, c'est certain : sa façon de se mouvoir, les expressions de son visage, sa voix et son attitude rock'n'roll sont si enjôleurs que le public se laisse inexorablement attirer au fil des chansons.

D'ailleurs, en Don Juan qui connaît toutes les meilleurs tactiques de séduction, il enchaîne avec fougue tous ses plus grands tubes. Après tout, le set n'est prévu que pour sept ou huit chansons ; aussi, c'est dès la quatrième qu'il entonne Are You Gonna Go My Way, l'un des plus gros hits de sa carrière.

Tout au long du show, les heureux invités affichent des visages ravis, des sourires conquis. It's Time for a Love Revolution déclare par son titre le dernier album de Lenny Kravitz, paru en février 2008. Toute l'assistance semble de toute façon d'accord pour suivre son leader et faire ensemble cette "Love Revolution". En attendant, le chanteur va aller prêcher cette bonne parole sur tout le parcours de sa tournée?

Présageons-lui le même succès.