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Bigflo & Oli racontent "leur vie de rêve" pas toujours rose

"On a envie que ça s'arrête et on a peur que ça s'arrête". En trois ans, Bigflo & Oli ont rempli des Zénith et enchaîné les tubes. Dans "La vie de rêve", leur nouvel album, les deux frères rappeurs font le point sur leur ascension et un succès pas toujours facile à gérer.

"On vit les années les plus heureuses de notre vie. Évidemment, il y a des choses compliquées: on passe de 'la vraie vie' (titre de leur deuxième album écoulé à plus de 400.000 exemplaires) à 'la vie de rêve'.. Quand tu restes trop dans l'une, l'autre te manque. On doit apprendre à gérer les deux", résume Bigflo (Florian), 25 ans, l'aîné.
Promis, en 2019, ils vont se reposer, voyager, profiter de leurs amis et finir d'emménager... Seuls quatre "gros" concerts sont prévus, histoire de se faire plus rares après un succès en forme de raz-de-marée, avec notamment une Victoire de la Musique et une tournée monstre à travers l'Hexagone.


Pour leur troisième album, disponible ce vendredi, les frangins ont mis des mots sur leurs angoisses mais aussi sur leur réussite. Cet album, "c'est un peu un bilan, ça nous a fait du bien de l'écrire", confie Oli (Olivio), 22 ans, évoquant des notes parfois "amères". Dans la chanson-titre "La vie de rêve", il évoque des échanges épistolaires avec Diam's, sur la célébrité, le rap, la vie... Aujourd'hui retirée des affaires, la rappeuse star des années 2000 n'a jamais caché sa difficulté à gérer le succès, évoquant ses pétages de plomb, son séjour en hôpital psychiatrique et ses tentatives de suicide. "Elle m'a dit 'le plus dur c'est pas de réussir, c'est de rester soi-même'", chante le duo dans ce titre émouvant, qui clôt l'album.


Bigflo & Oli: être un exemple 


En 15 titres, les deux rappeurs parlent donc de leur vie à 400 km/h ("Nous aussi 2"), d'amitié fraternelle ("Il est où ton frère"), de leur mère ("Maman"), également présente sur la pochette de l'album où ils posent en famille. Mais ils imaginent aussi, dans "Rentrez chez vous", une France en guerre, plongée dans le chaos, avec une population cherchant à migrer. Un titre fort où les deux Toulousains, nés d'un père argentin à qui ils avaient rendu hommage sur le disque précédent, se font plus politiques, sous couvert de fiction.
"Notre image publique ne correspond souvent pas à nos albums. C'est de notre faute. Sur YouTube, on est très naturels. En tant qu'artistes, on est des gens assez tristes". Et aussi très responsables.


Loin des clichés sur le rap, Bigflo & Oli tiennent à être des exemples, quitte à devenir la cible de certains. "Il y a pire que d'être traités de gentils !", s'amuse Oli. Dans leur album, ils préfèrent en jouer et se décrivent comme "les rappeurs détestés de ton rappeur préféré". Cette posture de "bons garçons", le duo la revendique. Avant d'être des artistes, ils sont des fans, rappellent-ils, admirant Soprano, Diam's, Youssoupha, Stromae ou Orelsan. Des artistes qui ont comblé les ados qu'ils étaient il y a peu. "On se tue à répéter que le rap est important dans la vie des jeunes", insiste le duo d'inséparables, formés dès le plus jeune âge au conservatoire.


Plutôt que d'opposer les artistes, ils préfèrent parler de style différent. "Il y a un rap pour faire la fête, pour transpirer, pour réfléchir, pour se questionner. On a un style musical qui a tellement évolué qu'il n'y a plus un rap, mais des raps", affirme Bigflo. Un éclectisme une nouvelle fois revendiqué dans leur musique, mêlant les sonorités latino ("Rendez-vous là-haut"), l'électro (comme sur "Demain" en collaboration avec Petit Biscuit) ou le rap à l'ancienne ("C'est que du rap", avec Soprano et Black M).

 

© AFP / RelaxNews