Biographie Alain Souchon et Laurent Voulzy

Alain Souchon et Laurent Voulzy © MDD

On ne présente plus les carrières d’Alain Souchon et Laurent Voulzy qui ont réussi brillamment chacun de leur côté. Les deux artistes ont, dès leurs débuts, noué une belle amitié qui s’est de nombreuses fois exprimée en musique jusqu’à finalement proposer un album commun en 2014 : « Alain Souchon et Laurent Voulzy »

Biographie

Tout commence au début des années 70. Laurent Voulzy est un compositeur de talent, mais il peine à connaître le véritable succès. C’est grâce à Bob Socquet qui officie chez RCA Records, qu’il rencontre Alain Souchon.  A l’époque, ce dernier se produit beaucoup dans les petites salles parisiennes mais il est également en manque de reconnaissance.
« J’ai dix ans »
Laurent Voluzy et Alain Souchon s’entendent bien et se mettent à plancher en 1974 ensemble sur l’album «  Petites Annonces », qui sortira plus tard et en version plus longue sous le nom de « J’ai dix ans ». 
La musique de toutes les chansons, à l’exception de « L’Amour 1830 », est signée de Laurent Voulzy. Il écrit également les textes de « J’ai dix ans » et du « Château ». Le reste des morceaux sont écrits par Alain Souchon. 
La période test
Dès lors c’est une collaboration fructueuse entre les deux hommes qui s’installe. Grâce aux rythmes pop et au style Souchon, ils rencontrent un vrai succès qui se confirme avec l’album « Bidon », paru en 1976. Sur les onze titres, Laurent Voulzy en compose sept et en écrit quatre autres.
Jamais deux sans trois, ils rééditent ensemble en 1977 pour le troisième album d’Alain Souchon «  Jamais Content », sur lequel on retrouve certains de ses plus grands hits : « Allô Maman Bobo », « Y'a d'la rumba dans l'air », « Poulaillers' Song ». A l’exception de deux titres, Laurent Voulzy signe toutes les musiques.
Un duo est lancé
Parallèlement, Laurent Voulzy peut compter sur son compagnon pour lui préparer de beaux textes comme « Karin Redinger » et bien évidemment l’iconique «  Rockollection », numéro 1 au Hit Parade. 
Pendant de longues années, Alain Souchon et Laurent Voulzy forment un duo artistique incomparable. Si les albums sortent avec le nom d’Alain, les fans ne sont pas dupes et plébiscitent grandement « Toto 30 ans, rien que du malheur » (1978) et « Rame » (1980), deux albums plus sombres et plus mature.
Changement de vapeur
Au début des années 80, la vapeur s’inverse légèrement. Pour son album « On  avance », Alain Souchon ne fait appel à Laurent Voulzy que sur le titre « Saute en l’air ». De son côté Laurent Voulzy s’apprête à sortir « Bopper en larmes », son deuxième album dont les 13 titres sont écrit par Alain Souchon. L’opus est célébré pour sa pop intelligente.  C’est d’ailleurs cette année-là que les deux artistes montent ensemble sur la scène de l’Olympia, pour la première fois, le temps de deux chansons.
Pendant toute la décennie qui suit, Alain Souchon sort deux albums. S’il fait toujours appel à son fidèle comparse pour « C’est comme vous voulez » (1985), à l’occasion duquel il collabore aussi avec Michel Coeuriot et Louis Chedid, Laurent Voulzy est revanche quasiment absent de « Ultra moderne solitude » , paru en 1988. Il signe seulement la musique du titre éponyme, ainsi que de deux autres morceaux.
De son côté Laurent Voulzy privilégie les sorties de singles avec notamment « Belle-île-en-mer, Marie Galante », sur des paroles d’Alain Souchon.  Le titre apparait sur la compilation « Belle-Île-en-Mer 1977-1988 », sur lequel on retrouve les grands hits de Laurent Voulzy, et sera célébré comme la chanson des années 80. 
Les années 90 retour d’un fonctionnement en duo
En 1993, Laurent Voulzy sort son troisième album studio « Caché derrière », sacré meilleur album aux Victoires de la Musique. Le chanteur fait appel à Alain Souchon pour 10 titres, et lui emprunte dans la foulé le batteur Manu Katché présent sur les précédents albums de Souchon. Le succès de l’album et sa préparation expliquent certainement pourquoi on ne retrouve que très peu de compositions de Laurent Voulzy sur l’album d’Alain Souchon « C’est déjà ça », également sorti en 1993.
Ce n’est qu’un passage puisqu’après sa retentissante tournée en 1994, Laurent Voulzy récupère sa place de compositeur de choix sur l’album d’Alain Souchon, « Au ras de pâquerettes », qui sort en 1999. Il faut croire que l’entente entre les deux artistes enchante leurs enfants, puisque Pierre Souchon et Julien Voulzy forment au milieu des années 90 le groupe Les Cherche Midi qui sort deux albums. 
La cadence ralentit
Alain Souchon, qui avait un rythme plus régulier, se fait plus discret, au profit de Laurent Voulzy qui sort en 2001 un nouvel album « Avril ». Tous les textes à nouveau sont signés de son acolyte.  Il s’en suit un vide de plus de 10 ans où les deux artistes s’éloignent. Alain Souchon sort trois albums « La vie de Théodore » (2005), « Ecoutez d’où ma peine vient » (2008) et « A cause d’elles » (2011) sur lesquels ne figure pas Laurent Voulzy à l’exception quelques chansons. L’anecdote veut que le morceau «  Popopo » sur « Ecoutez d’où vient ma peine » n’ait été rajouté que parce que Souchon ne voulait pas sortir un album sans la touche Voulzy.
Les deux compères réservent parfois aussi des surprises. Ainsi, sur la compilation « La septième vague », parue en 2006, on retrouve pour la première fois un duo Souchon-Voulzy sur une reprise de Simon et Garfunkel. Pour Laurent Voulzy, il se passe 10 ans entre « Avril » et son nouvel album de chansons originales « Lys & Love » (2011), où Alain Souchon lui signe quatre textes.
L’album en duo
Il aura fallu attendre pas moins de 40 ans au final pour que les fans puissent enfin découvrir un album de duos sobrement intitulé « Alain Souchon et Laurent Voulzy » sorti en 2014. Le travail est réparti comme depuis leurs débuts : Alain aux textes, Laurent aux mélodies. 
Le premier single, « Derrière les mots », sort en octobre 2014 avant de laisser place à l’album le 24 novembre. Ce dernier, vendu à plus de 400.000 exemplaires et multi-certifié, est suivi d’une immense tournée. 
Ils extraient également les titres « Oiseau malin » et « La baise des fourmis ».

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