K'Naan, se prononçant Keinaan en langue somalienne et qui veut dire voyageur, est un rappeur canado-somalien né à Mogadiscio en 1978.
Le
rythme, le son, l'humilité ainsi que la conviction des textes qui
dégagent de chacun de ses titres, valent bien à cet artiste atypique
des mérites, tant sur le plan musical que social.
Entre Mogadiscio et Toronto
K'Naan, de son vrai nom Keinan Warsame,
est né dans la capitale somalienne en 1978. Il grandit avec ses
parents, son grand frère et sa sœur dans un petit quartier de
Mogadiscio, Wardhiigleey, signifiant rivière de sang en somali.
Issu
d'une famille d'artistes, le jeune homme embrasse une carrière dans
l'art musical tout naturellement. Son grand père était un célèbre
poète, Mohammed Haji, et sa tante est une chanteuse connue, Magool.
Lors de la chute du régime Mohammed Siad Barre en 1991, une guerre civile éclate en Somalie, ce qui obligea la famille Warsame à quitter le pays pour les États-Unis. Ils partent alors rejoindre le père de K'Naan
qui travaillait en tant que taxi à New York, à l'époque. La famille ne
restera que quelques mois dans la ville et déménage à nouveau pour le
Canada, à Toronto.
C'est là que le rappeur réside actuellement. Il faut dire que K'Naan,
avant de se fixer, a d'abord beaucoup voyagé en Suisse, aux États-Unis
et en Angleterre. Des périples alliant aussi bien la découverte des
pays que l'apprentissage de la langue anglaise.
Voyageant au détriment des études scolaires, K'Naan troque ces dernières pour la musique. Sa préférence va ainsi dans l'écoute des oeuvres du rappeur américain Rakim. Après deux ans d'errance, il revient à Toronto.
La musique
Plus tôt, K'Naan
découvre l'univers du rap par l'intermédiaire des cassettes de rap
américain que son père lui envoyait quand il habitait encore à
Mogadiscio. Il était le premier à avoir écouté du hip hop dans son
quartier à l'époque.
Il commence alors à apprécier ce rythme
même s'il ne savait rien des paroles, ne sachant pas encore l'anglais.
Pour ses propres textes, il lui suffisait de regarder autour de lui et
d'un regard en arrière sur tout ce que lui, sa famille et son peuple
ont vécu jusqu'ici. C'est ainsi qu'il commence à composer ses propres
titres pour ne plus s'arrêter jusqu'à aujourd'hui.
En 2001, à
l'occasion de l'anniversaire du Haut Commissariat aux Réfugiés, où il
lance un message à l'ONU par l'intermédiaire d'un slam, il est remarqué
par le chanteur sénégalais Youssou N'Dour. Celui-ci l'appellera pour participer à son album « Building bridges ».
K'Naan sort son premier album « My life is a movie » en 2004 contenant 14 titres. Pour le tournage du clip « Soobax », il revient dans son pays natal.
Le succès
Un an plus tard, c'est-à-dire en 2005, est sorti dans les bacs le deuxième opus de K'Naan intitulé « The dusty foot philosopher ». Cet album contient 18 titres et permet au chanteur de remporter le Prix Juno de l'année 2006. Parmi les titres, on trouve « The african way », « Smile » et « Hoobaale ». Il sera suivi de l'album « The dusty foot on the road » dans les bacs le 25 juin 2007.
Jouant maintenant dans la cour des grands, K'Naan
participe en 2006 dans de nombreux festivals et évènements de taille
comme le Festival Paris Bamako au Mali, la tournée européenne de Damian Marley
intitulée Welcome to JamRock pour laquelle il assure la première
partie, le Nice Jazz Festival en 2007 ainsi que le Fest Horn, le grand
festival de la corne d'Afrique, qui s'est déroulé à Djibouti en
décembre 2007.
Il sort le 24 février 2009 son quatrième album à qui il donne le nom de « Troubadour ». Le titre « Wavin' flag » en featuring avec deux stars de la musique dont David Guetta, est inclus dans cet opus. Une chanson remixée qui est élue hymne de la Coupe du Monde de football 2010 en Afrique du Sud.