Rien ni personne n'aura pas empêché Cypress Hill
de devenir l'un des plus originaux - voire grands - groupes de rap.
Formé à la fin des années 1980 en Californie, Cypress Hill met tout le
monde d'accord avec son hip-hop lourd aux accents rock, reggae et sa
touche latino.
S'il
existe un groupe de hip-hop ouvert à tous les styles de musique, c'est
bien Cypress Hill . Lâchés par un des membres de leur premier groupe,
DVX, le mexicano-cubain B-Real (Louis Freese), le cubain Sen Dog (Senen
Reyes) et l'italo-américain DJ Muggs (Lawrence Muggerud) décident de
rebaptiser leur groupe du nom d'une rue des environs de South Gate
(Californie).
Dès leur premier album éponyme en 1991, leur formule
inédite (profondément ancrée dans les racines latinos et piochant dans
le rock indé) séduit. Deux milLions d'exemplAIRes sont écoulés et ce
n'est que le début : le groupe aurait vendu plus de 17 milLions
d'albums. Un beau score pour ce qui n'est encore que du hip-hop
underground. Deux ans après, ils remettent ça avec "Black Sunday",
contenant le tube "Insane the Brain". Le groupe se fait aussi remarquer
car ses membres sont de fervents militants pour la légalisation de la
marijuAna, surtout Muggs, son leader.
Ces bads boys n'en demeurent pas
moins plus peace que les accros du gangsta rap. Pour le troisième
album, "Temples of Boom" (1995), un nouveau membre est intégré à la
fine équipe, Eric Bobo, l'ancien percussionniste des Beastie Boys.
Alors que Sen décide de quitter le groupe, DJ Muggs et B-Real se
concentrent sur leur carrière solo. Le premier sort en 1997 "Muggs
Presents the Soul Assassins", et le second se lance dans un marathon de
featurings (Busta Rhymes, LL Cool J, Dr. Dre, Nas...). Le quatrième
opus, sobrement intitulé "IV", sort finalement en 1998. Deux singles
tournent en boucle : "Tequila Sunrise" et "Dr Greenthum".
Excités par
leurs nombreuses collaborations (House of Pain, Rage Against the
Machine, Deftones, Pearl Jam...), les Cypress Hill réalisent en 2000 un
double album, "Skull & Bones", une face rap, l'autre rock. En bons
petits malins, deux singles radios sont prévus selon l'orientation
musicale : "Rock Superstar" et "Rap Superstar". Mais à force de
taquiner le rock, le groupe essuie un échec avec "Stoned Raiders",
l'année suivante. Du coup, il s'oriente vers le reggae pour "Till Death
Do Us Part" (2004). Mais les fans réclament la fusion originelle de
Cypress Hill , fruit de son succès. La suite très attendue au
best of "Greatest Hits from the Bong"(2005) va se concrétiser dans la sortie d'un nouvel album, attendue cette année.