Le -
modifié le -

Star Wars : Le Réveil de la Force, on vous en dit plus!

© Cover Media

Avez-vous vraiment besoin d’une critique pour aller voir Le Réveil de la Force ? Non, mais peut-être que ces quelques lignes vous permettront de savoir à quoi vous attendre.

Dans une galaxie très lointaine, tout le monde se fiche royalement de Star Wars, mais dans la nôtre, la saga entamée en 1977 par George Lucas est devenue une référence incontournable qui a largement dépassé le simple carcan de la pop culture. Après une première trilogie narrant les épisodes IV, V et VI de sa guerre des étoiles entre 1977 et 1983, George Lucas avait déçu les fans avec sa « Prélogie » (composée des épisodes I, II et III entre 1999 et 2005). Cependant, Star Wars avait déjà assez marqué les esprits pour que son hégémonie ne se laisse pas déstabiliser. Et depuis l’annonce d’un nouvel épisode réalisé par J.J Abrams sous l’égide des studios Disney en 2012, Le Réveil de la Force est devenu l’événement cinématographique le plus attendu du siècle.

Qu’il déçoive ou pas les critiques, qu’importe. Tout le monde ira voir le film, et ceux qui n’iront pas ont probablement assez de bonnes raisons pour ne pas se laisser berner par un papier qui crierait au chef d’œuvre. Quel intérêt du coup d’écrire quoi que ce soit ? Surtout si l’auteur de la dite critique s’interdit de dévoiler les surprises d’un film qui se repose largement dessus ? Du coup, contentons-nous d’une analyse rapide de l’objet, qui permettra peut-être à certains de ne pas trop en attendre, ou du moins de savoir un peu mieux où ils mettront les pieds quand ils iront voir ce tant attendu Episode VII.

Pour commencer, rappelons que Le Réveil de la Force est la suite directe – quelques dizaines d’années plus tard dans l’univers de Star Wars – du Retour du Jedi, ce qui justifie la présence annoncée depuis des mois des personnages de Han Solo, Chewbacca, Leia et Luke Skywalker dans le film. L’histoire a déjà été racontée en comics et en livres, mais jamais en films, puisque George Lucas n’avait jamais prévu de le faire. En s’attelant à la (lourde) tâche, J.J. Abrams avait plusieurs missions à remplir : redorer le blason de Star Wars un peu émaillé par la Prélogie ; ouvrir la saga à une nouvelle génération de spectateurs biberonnés au Seigneur des Anneaux, Harry Potter, Pixar et Hunger Games ; et officialiser, pour de bon cette fois, la suite des aventures de Luke Skywalker et ses compagnons d’arme. Pas évident. Surtout quand on marche sur un sentier largement balisé en étant scruté par une bande de chiens de garde veillant au grain : les fans. Ces quelques éléments ont visiblement été suffisants pour que le réalisateur, déjà responsable des reboots de Mission : Impossible et Star Trek, se montre un peu frileux et préfère transformer son Réveil de la Force en pseudo-remake d’Un Nouvel Espoir (l’Episode IV de 1977) plutôt qu’en suite originale du Retour du Jedi.

Du coup, tous les éléments classiques de Star Wars sont réunis (lumières contre obscurité/ empire contre république / familles séparées / engagement politique), mais appliqués à de nouveaux personnages, de nouvelles situations, de nouveaux lieux et de nouveaux designs. Ceux qui connaissent bien la saga se retrouveront ainsi en territoire connu. Trop connu ? Oui, quitte à ce que le film soit finalement cousu de fil blanc, ponctué ici et là par quelques décisions dirigées par le besoin de créer l’événement. Mais c’est peut-être ce qu’il fallait pour effectuer une transition intelligente vers deux épisodes suivants et offrir à Rian Johnson (déjà attelé à l’écriture) plus de liberté d’action, tout en évitant la furie des fans, qui, en l’occurrence, seront bien malaisés de reprocher quoi que ce soit – si ce n’est quelques détails un peu lourds et facilités scénaristiques – à J.J. Abrams. Ceux qui craignaient une signature Disney trop présente rechigneront devant deux ou trois personnages un peu trop marqués du sceau du studio. Ceux qui espéraient voir Star Wars faire de l’œil au Seigneur des Anneaux ne seront, eux, pas déçus. L’influence de Peter Jackson offre cependant au film ses pires éléments, dont un plan final aussi frustrant que catastrophique (rappelons au passage que J.J. Abrams s’est fait les dents sur les séries Alias et Lost, connues pour leurs cliffhangers abyssaux).

Dommage, parce qu’à côté de ça, Abrams a mené toutes ses missions à bien en dynamisant l’écriture et la réalisation de Star Wars. Et surtout, en offrant à la saga de nouveaux personnages dignes et très bien campés. A cet égard, Kylo Ren, le « remplaçant » de Dark Vador tire particulièrement bien son épingle du jeu. Adam Driver offre une vraie profondeur à un personnage, qui, comme il l’avait lui-même expliqué, est animé par un conflit existentiel inédit. « Je finirai ce que vous avez commencé », annonçait sa sombre silhouette masquée dans la bande-annonce du film. Un message de J.J. Abrams à George Lucas ? Peut-être bien. A défaut de la finir, le réalisateur offre en tout cas une suite – pas exempte de défauts – à la saga. Et à défaut de critique assurément vaine, la question qu’il faut finalement poser est la suivante : Le Réveil de la Force s’inscrit-il dans la lignée des Star Wars ?

La réponse est oui, résolument. Mais presque trop, faudrait-il cependant nuancer.