Le quotidien d’un étudiant-entrepreneur, ça ressemble à quoi ?

Fonder sa boîte tout en suivant des études, ça demande une certaine organisation dans son emploi du temps. Comment les étudiants-entrepreneurs réussissent-ils à mener de front leur double vie ? On a eu l’occasion d’en discuter avec trois d’entre eux.

Le quotidien d’un étudiant-entrepreneur, ça ressemble à quoi ? © istock


Imaginez : vous êtes étudiant de 8h à 17h. Passé cette heure, aussitôt sorti de la fac, vous commencez votre deuxième journée : vous êtes chef d’entreprise. Votre société est encore jeune et en plein développement. Chaque jour, vous développez votre projet, vous prenez contact avec des personnes qui vont vous y aider, et vous vous donnez à fond.
 

Visio Brico, le quotidien d’une startup en pleine création

L’application Visio Brico est encore à l’état de projet, mais c’est un projet qui avance bien. C’est ce que confirme Quentin, qui est un des quatre étudiants de l’école Pigier de Saint-Quentin-en-Yvelines à l’avoir élaboré. Ce concept d’application inédit a pour objectif de mettre en relation des particuliers qui souhaitent effectuer des réparations sur leur véhicule avec d’autres particuliers compétents, qui vont leur apporter une expertise et des explications en temps réel. L’idée est née d’une situation vécue : « On est quatre dans l’équipe, et l’un de nous avait un problème avec sa voiture, il n’était pas bon en mécanique, raconte Quentin. Il a eu l’idée de filmer le problème et de l’envoyer à la bonne personne pour que son travail soit facilité ». Visio Brico était né. Soutenu par la directrice de Pigier Nathalie Ballutaud, l’idée d’application a remporté le concours Challenge Performance Pigier en mars dernier, qui désigne le meilleur projet parmi ceux présentés dans les 22 écoles du réseau. Depuis, les quatre acolytes travaillent à développer leur application.
 

Et en cette fin d’année, leur emploi du temps est bien chargé : « C’est compliqué, on a notre mémoire à rendre et on ne dort pas beaucoup, admet Quentin. On alterne les deux et on a tout le temps des choses à faire ! » Malgré un agenda serré, les fondateurs de Visio Brico prennent beaucoup de plaisir à travailler en équipe sur leur application. Même si, en tant qu’étudiants-entrepreneurs, ils se heurtent à de premiers obstacles : « On ne sait pas trop vers qui aller et où aller, explique Quentin. On est parfois un peu perdus, on a besoin d’aide ». Mais ces quelques difficultés ne les empêchent pas de faire avancer leur projet et de garder leur motivation. A tel point qu’ils envisagent Visio Brico comme un projet à long terme. Pour le moment, ils planifient l’avenir de leur application sur une échelle de cinq à dix ans. Avec l’objectif d’aller vite, afin de ne pas se faire rattraper par la concurrence. Quentin se montre optimiste : « Ça représente un véritable espoir de se dire qu’à 20 ans on va peut-être vivre de notre entreprise. On se lève le matin avec un autre but, un autre objectif que celui d’un étudiant… et on fait des interviews ! »
 

Shoes It, un projet mûri de longue date par deux étudiantes

Flore et Camille, étudiantes à l’école de management MBway à Lyon, ont eu l’idée de Shoes It il y a un bon moment. « En première année de master, on a eu un exercice qui consistait à faire le pitch d’une entreprise pour convaincre des business angels, se souvient Flore. On s’est dit que c’était une idée à garder pour le futur, qu’il y avait un marché à saisir. » Et pour cause, le concept imaginé par les deux jeunes femmes est original : il repose sur une idée à la fois pratique et simple. Il s’agit d’une ligne de chaussures au talon amovible, qui permet de transformer une ballerine en escarpin de 7 ou 10 cm (et inversement !). L’idée a en tout cas séduit le jury du Start-up Challenge de MBway, ce qui a permis à Flore et Camille d’en être lauréates, et d’intégrer l’incubateur de l’école.
 

Leur quotidien n’est pas de tout repos pour autant. « On est à l’école en journée, et on a nos rendez-vous à 17h, détaille Flore. En plus, on est en stage en alternance, ce qui prend aussi du temps. Tout ça demande énormément d’organisation :  nous travaillons trois heures par jour sur Shoes It, et pendant tous nos week-ends. » Les deux jeunes femmes font également appel à des compétences pointues pour les aider dans leur projet. Pour concevoir l’aspect technique de leurs chaussures, elles collaborent notamment avec deux ingénieurs de Polytech Lyon. Flore et Camille peuvent également compter sur des soutiens de poids, comme l’ancienne directrice commerciale de Dior, Virginie Perrier, et l’équipe qui supervise l’incubateur de MBway. « Entreprendre, c’est avant tout s’entourer des bonnes personnes, souligne Camille. On a la chance d’avoir des mentors. »
 

Comme Quentin de Visio Brico, les deux étudiantes-entrepreneures reconnaissent que les obstacles qu’elles rencontrent sont principalement dus au fait qu’elles sont novices. « La double casquette d’étudiante et d’entrepreneure peut parfois être difficile à porter, mais elle nous place dans une bonne posture », tempère Flore. Et si les jeunes femmes manquent encore de temps pour Shoes It, elles comptent s’y consacrer à 100% dès la rentrée. C’est à ce projet de vie qu’elles pourront donner toute leur énergie, sans avoir à envisager de chercher un emploi.
 


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