Présidentielles : les associations et les écoles font leurs propositions pour l’enseignement supérieur

Parmi les thèmes abordés par les politiques dans le débat sur les présidentielles, celui de l’éducation est sans doute un des moins abordés. C’est la raison pour laquelle plusieurs associations et écoles publient leurs propositions, afin d’alerter les candidats sur certains sujets. Retour sur quelques-unes d’entre elles.

Présidentielles : les associations et les écoles font leurs propositions pour l’enseignement supérieur © istock


Sans surprise, la période des présidentielles est l’occasion pour divers organismes et associations de s’exprimer sur ce qu’ils souhaiteraient voir changer. C’est notamment le cas des grandes écoles et des associations axées sur l’éducation. Ce secteur connaît en effet des bouleversements, en raison de l’avancée du numérique qui transforme les métiers, et des formations appelées à devenir plus professionnalisantes. Une autre question fait également débat : celle de la parité dans les filières techniques et scientifiques.
 

Les grandes écoles souhaitent moderniser la pédagogie

Le 29 septembre dernier, la Conférence des grandes écoles (CGE), qui réunit pas moins de 222 écoles, a émis 24 propositions concernant l’enseignement supérieur et la recherche. Objectif : rendre « l’Enseignement supérieur ouvert, agile, attractif et financièrement soutenable dans le temps », d’après un communiqué. La CGE a organisé ses propositions en cinq grands axes :

  • L’amélioration de la réussite en premier cycle des études supérieures : mieux informer les étudiants sur leur orientation est une idée que l’on retrouve également dans les propositions de l’association Elles bougent (voir plus loin). On parle souvent « d’écrémage naturel » en première année de fac ou de grande école… et ce n’est pas pour rien ! Beaucoup d’étudiants se réorientent à la fin de leur première année d’étude, déçus d’un domaine qui ne leur correspond pas.
     
  • Faire en sorte que l’ouverture de l’Enseignement supérieur devienne une cause nationale : la CGE déclare notamment vouloir lancer « un programme d’égalité des chances » et augmenter le nombre de bénéficiaires des bourses.
     
  • Privilégier l’innovation et l’attractivité de l’Hexagone concernant l’Enseignement supérieur : ici, l’objectif est notamment de doubler le nombre d’étudiants internationaux accueillis en France d’ici 2025, et de valoriser les incubateurs et les pôles entreprenariat en France.
     
  • Munir tous les établissements d’enseignement supérieur d’une organisation et gouvernance agiles : ici, la CGE suggère de renforcer l’autonomie des établissements (un sujet qui fait débat depuis plusieurs années), et de favoriser l’innovation pédagogique et numérique.
     
  • Développer un nouveau modèle de financement pour l’Enseignement supérieur : une des propositions phares de ce volet est d’investir 20 milliards d’euros en plus dans l’Enseignement supérieur et la recherche sur les 10 prochaines années.
     

On le voit, nous sommes ici davantage dans le volet « technique » de l’enseignement supérieur. D’autres associations, notamment Elles bougent, s’attardent quant à elles sur des questions plus sociétales.
 

Favoriser la mixité dans les filières scientifiques

L’association Elles bougent est engagée pour faire découvrir les filières scientifiques et techniques aux jeunes filles. Les présidentielles sont donc l’occasion pour l’association d’émettre, à son tour, des propositions. En effet, si les filles sont déjà en minorité dans les études scientifiques, leur nombre est en baisse depuis quelques années (selon une étude MutationnElles-Y Factor datant de 2015).

Pour inverser la tendance, l’association a soumis cinq propositions au gouvernement. Leur idée directrice : une sensibilisation efficace à des métiers qui restent méconnus… et stéréotypés. L’association propose donc de :

  • Créer des rencontres entre élèves et personnes en activité : l’idée étant que des passionnées viennent parler de leur métier en classe, afin de créer des vocations chez les lycéennes.
     
  • Un module obligatoire d’ouverture au projet professionnel : c'est-à-dire la construction en amont de leur projet professionnel par les élèves, du collège au lycée. Le tout en étant encadrés par un réseau de professionnels.
     
  • Orienter les parents d’élèves : l’influence de la famille est déterminante dans le choix de l’orientation. Sensibiliser les parents et briser les clichés liés aux filières scientifiques et techniques (jugées plus masculines) est donc primordial.
     
  • Encourager la représentation de la mixité dans la culture pop : les jeunes filles se construisent aussi grâce à des modèles. Nombreux sont les héros masculins scientifiques, inventeurs, médecins… mais peu d’héroïnes similaires sont mises en avant. Or, les médias ont un rôle fondamental à jouer dans la création de vocations.
     
  • Favoriser la mixité dans les systèmes d’admission : Elles bougent propose de réguler les systèmes d’admission dans les filières scientifiques, avec une augmentation graduelle du nombre de filles par promotion.
     

Les propositions de la CGE et d’Elles bougent sont assez représentatives de la tendance générale. L’enseignement supérieur souhaite évoluer sur un plan technique, mais aussi sociétal. La progression du numérique et la question de la place des femmes dans les filières seront peut-être à l’origine de changements dans les prochaines années.


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