La région Auvergne-Rhône-Alpes s’offre des robots pour remplacer ses lycéens absents

Depuis trois ans maintenant, la région Auvergne-Rhône-Alpes expérimente des robots-lycéens pour remplacer les élèves hospitalisés, ou en situation de handicap, dans certains de ses collèges et lycées. Après cette phase d’expérimentation, elle a annoncé en octobre dernier l’acquisition de 12 nouveaux robots.

La région Auvergne-Rhône-Alpes s’offre des robots pour remplacer ses lycéens absents © istock


Vous ne pourrez plus assurer votre présence en cours à partir du mois de janvier ? Vous craigniez de rater une année et de devoir redoubler, mais vous n’avez pas vraiment le choix ? Si des systèmes de contrôles à distance sont souvent mis en place pour les élèves hospitalisés ou en situation de handicap, la région Auvergne-Rhône-Alpes a pris des dispositions plus adéquates pour ses élèves absents.

Fini les cours à distance, la région vous accompagne avec un robot-lycéen ! Quatre établissements ont accepté l’expérimentation : le lycée de la Martinière Montplaisir à Lyon, le lycée Claude Fauriel à Saint-Étienne (Loire), celui de Joseph Marie Carriat à Bourg-en-Bresse (Ain), ainsi que la cité scolaire Elie-Vignal à Caluire-et-Cuire (Rhône).

 

Une solution pour les jeunes en difficulté

Ils ne ressemblent pas vraiment à Wall-E ou à R2D2, ils n’ont pas non plus été conçus comme des humanoïdes tels que Z-6PO ou Robocop. Développés par la société AWABOT, ils sont munis d’une tablette avec webcam, d’un pied élévateur et de roues motrices. D’une hauteur de 1m50, ils ont un objectif : permettre aux élèves dans l’impossibilité de se rendre en cours de pouvoir suivre les classes et maintenir un lien social. Et pour cause, les élèves absents peuvent interagir en temps réel avec leurs enseignants et leurs camarades.

Qu’il s’agisse de poser une question sur un point qu’on ne comprend pas, de simplement participer, ou de passer votre Baccalauréat, avec le robot-lycéen, votre présence est assurée. Un dispositif inclusif unique en Europe, à condition, bien sûr, que les écoles soient équipées d’un réseau Wifi haut débit. Reste à savoir si le rapport robot/humain et son coût ne choquent pas enseignants et parents d’élèves…

 

Un déploiement contrôlé

Évidemment, le déploiement de ces robots suscite quelques interrogations. Peut-on vraiment remplacer un élève ? L’école de demain sera-t-elle exclusivement composée de robots-lycéens ? Y a-t-il un risque qu’un jour l’enseignant se retrouve à faire cours devant 35 robots ? Comment faire réagir le robot si le lycéen qui le dirige souhaite prendre la parole en cours ? Autant de questions qui impliquent un certain contrôle sur ce déploiement.

En effet, après deux ans et demi de tests et l’intégration de quatre prototypes, le prochain déploiement se limiterait à 12 nouveaux robots. Et pour cause, l’installation est coûteuse. Chaque robot-lycéen implique une dépense d’environ 12 000 euros (achat, maintenance et abonnement 3G/4G compris), prise en charge par la région. Fin août, la région Auvergne-Rhône-Alpes a d’ailleurs dévoilé une enveloppe de 4 millions d’euros supplémentaires pour l’intégration des personnes en situation de handicap, dont 156 000 euros dédiés aux robots-lycéens.

 

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