L’étude des neurosciences pour une éducation mieux adaptée

L’exploitation des neurosciences : un potentiel éducatif qui est malheureusement passé à la trappe. Olivier Houdé, professeur de psychologie et de développement de l’enfant, s’intéresse à cette approche prometteuse qui mérite plus d’attention…

L’étude des neurosciences pour une éducation mieux adaptée_iStock-638747934 © NRJ

« Le cerveau est multi-domaines », explique Olivier Houdé. Lire, compter, écrire sont autant d’activités dont l’apprentissage pourrait être amélioré par une meilleure connaissance des « lois du cerveau ».
 

Connaître le cerveau d’un enfant pour l’aider à apprendre

Olivier Houdé étudie, grâce aux technologies d’imagerie cérébrale, « comment le cerveau fonctionne, comment il apprend, comment il réagit ». Dans un laboratoire du CNRS, « nous explorons les mécanismes fins du cerveau dans tous les domaines d’apprentissage scolaire : lire, écrire, compter, penser, raisonner ».

Olivier Houdé a participé à une expérimentation bien précise. Des enfants présentant des difficultés de mémoire ou encore de lecture s’entraînaient 15 minutes par jour sur une tablette : les chercheurs observaient alors leurs cerveaux, avant et après un mois d’apprentissage. « Extrêmement plastique, sensible à l’environnement », le cerveau humain « se reconfigure ».

« Le cerveau est à la fois universel et individuel », précise-t-il. En effet, chaque cerveau a ses propres particularités, même s’il est configuré selon des normes très générales. Ces différences peuvent expliquer « les parcours cognitifs, les difficultés que peut avoir tel ou tel enfant, les potentiels ».

Voir le cerveau en action permet ainsi de mieux comprendre l’apprentissage et d’adapter les méthodes éducatives. Ces technologies représentent une vraie révolution, pas seulement pour la science mais aussi pour l’éducation.


Un conseil scientifique pour perfectionner l’éducation

Un conseil a été mis en place en janvier par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, avec à sa tête Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive. 21 membres le constituent : tous sont sociologues, philosophes, économistes, chercheurs en sciences de l’éducation… mais un tiers d’entre eux provient des sciences cognitives.

Nombreux sont les scientifiques à penser que les neurosciences peuvent aider les enseignants à adapter leurs pratiques pédagogiques à leurs élèves. Mais d’autres sont inquiets pour les autres mouvements qui risqueraient d’être mis de côté.

C’est le contenu des formations qui est au cœur des préoccupations du conseil. Quels contenus pédagogiques sont efficaces ? Les manuels scolaires sont-ils utiles ? Comment mesurer les progrès ?

Mais le conseil n’écarte pas les autres questions, comme le handicap à l’école ou encore la métacognition (analyser ses processus mentaux pour apprendre à apprendre).


Plus d’infos sur digiSchool : Que faire après une prépa scientifique ?
 

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